
Gohitafla, mars 2026 (Taleeb info) – Le débat autour de la reconnaissance légale de la polygamie continue de susciter de vives réactions en Côte d’Ivoire. Dans une prise de position récente, Naya Jarvis Zamblé, députée-maire de Gohitafla, appelle à dépasser les positions qu’elle qualifie d’« hypocrites » afin d’aborder la question sous l’angle de la protection sociale et juridique des femmes.
Selon l’élue, l’indignation exprimée par certains acteurs face à l’idée de légaliser la polygamie contraste avec l’acceptation des négociations matérielles qui accompagnent souvent les mariages civils. Elle cite notamment le choix du régime matrimonial — communauté ou séparation de biens — qui, selon elle, repose sur la même logique de décision librement consentie par les futurs époux.
« Lorsqu’il s’agit de discuter patrimoine ou de sécuriser ses avoirs, cela ne choque personne. Pourtant, il s’agit aussi d’un choix contractuel effectué au moment de l’union », souligne-t-elle, estimant que la reconnaissance d’une forme de polygamie légale ne constituerait pas une obligation mais plutôt une option laissée à l’appréciation des conjoints.
Pour la députée-maire, la question mérite d’être abordée avec réalisme. Elle rappelle que la polygamie demeure une réalité sociologique dans plusieurs communautés du pays, malgré son absence de reconnaissance dans le droit civil. Selon elle, ignorer cette situation revient à maintenir certaines femmes dans une situation de vulnérabilité juridique.
« Des milliers de femmes vivent aujourd’hui dans l’ombre, sans statut légal, sans droits clairs en cas de séparation ou de décès du conjoint », affirme-t-elle. Dans cette perspective, l’élue considère qu’une éventuelle évolution de la loi pourrait constituer une mesure de protection pour ces femmes, souvent privées de garanties sociales et patrimoniales.
Naya Jarvis Zamblé appelle ainsi à « prendre de la hauteur » dans le débat public et à privilégier une approche centrée sur la dignité et la protection des personnes concernées. Pour elle, la mission première de la loi doit rester la protection des individus et la prise en compte des réalités sociales.
Ce positionnement relance un débat sensible dans la société ivoirienne, partagé entre traditions sociales, principes juridiques modernes et enjeux de protection des droits des femmes.
Par Adam Taleeb